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    Petit traité de symbolique Militaire

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    Petit traité de symbolique Militaire Empty Petit traité de symbolique Militaire

    Message  LAVEC Dim 7 Mar - 9:27




    Tous ceux qui ont servi sous l'uniforme, à un moment ou à un autre, ont porté sur leur poitrine l'insigne de leur unité d'appartenance, le plus connu d'entre eux étant probablement la célèbre "plaque à vélo" propre aux formations parachutistes. Bien peu savent pourtant à quoi correspondent ces insignes, la raison de leur création et leur signification profonde. Il m'a donc paru utile de rappeler le "pourquoi" et le "comment" de cette tradition relativement récente qui n'est pas propre à l'armée française, mais qui a connu chez nous un succès inégalé ailleurs.

    L'ORIGINE DES INSIGNES

    Les insignes tels que nous les connaissons sont apparus au cours de la guerre 1914 - 1918. Ils visaient à marquer l'appartenance à un même corps en attribuant à chacun de ses membres un signe distinctif propre à la formation. Ce souci d'identification s'est fait ressentir simultanément dans plusieurs domaines :  
    Dans les airs, d'abord : les appareils étant souvent dispersés en vol en raison des combats ou des conditions météorologiques, les pilotes avaient besoin, pour se regrouper, d'identifier leurs camarades à distance. Ils prirent donc l'habitude de peindre sur le flanc des appareils un signe distinctif de grande taille commun à toute l'escadrille. Tout le monde connaît la cigogne de Guynemer ou la cocotte rouge de l'escadrille BR 11. Revenus à terre et légitimement fiers d'appartenir à une escadrille réputée, certains pilotes demandèrent à des bijoutiers de reproduire sous forme de broche le signe distinctif de l'escadrille. Ils pouvaient ainsi l'afficher sur leur poitrine. Une nouvelle mode était née : celle des insignes d'escadrilles !  

    Sur les routes, ensuite : la relève des unités en ligne, en particulier au moment de la bataille de Verdun, nécessitait un flot continu de véhicules circulant dans les deux sens sur toutes les routes menant au front. L'imbrication inévitable des véhicules en raison des pannes, des embouteillages et des accidents rendait quasiment impossible la mission des régulateurs chargés d'orienter à chaque carrefour les véhicules dans la bonne direction. Il fut alors décidé de peindre à l'avant et l'arrière des camions des marques permettant d'identifier le convoi auquel ils appartenaient. Ces "marques" se transformèrent parfois en véritables petites œuvres d'art reproduites au pochoir. Certaines d'entre elles devinrent, à la fin de la guerre, les insignes réglementaires de formations du train.

    Dans les tranchées, enfin : la guerre de tranchées impliquait de fréquentes relèves en raison des conditions de vie effroyables en première ligne. Ces relèves s'effectuaient le plus souvent de nuit à travers un dédale de boyaux tortueux, enchevêtrés et souvent identiques. Il était parfois difficile à l'unité montante de trouver l'unité à relever. Indiquer par des panneaux l'emplacement des régiments était proscrit pour éviter de révéler l'ordre de bataille en cas de perte de la tranchée.
    Certaines unités prirent l'habitude de s'identifier par des dessins peints sur des pancartes. Ainsi, les chasseurs alpins choisirent le cor de chasse pour motif principal accompagné d'une figure propre à chaque bataillon : diable, panthère, chamois, aigle, château, etc. La transformation de ces attributs en broches ne présenta aucune difficulté à la fin de la guerre.

    Si les bijoutiers furent sans conteste les premiers fabricants d'insignes, le faible débit de leurs ateliers et leurs méthodes artisanales ne permettaient pas de répondre à l'importante demande apparue à partir des années 30, période durant laquelle le port de l'insigne se généralisa dans les armées de terre et de l'air (née en 1934). Des entreprises modernes capables de fournir de grandes quantités d'insignes à des prix compétitifs prirent le relais.
    Trois d'entre elles dominèrent le marché jusqu'aux années 90 : DRAGO, AUGIS (*Devenue plus tard FIA) et ARTHUS-BERTRAND. De ces trois grandes sociétés, seule subsiste aujourd'hui la maison ARTHUS-BERTRAND qui a absorbé  son grand rival DRAGO, sachant que d'autres petites entreprises se partagent le reste du marché. Il faut souligner que la qualité des insignes s'est profondément dégradée depuis les années 70 autant dans la conception que dans la réalisation : les métaux nobles ont disparu, le plastique, dit "émail à froid", a remplacé le bel émail grand feu de jadis, tandis que les créateurs ont perdu tout sens artistique et oublié toutes les règles de l'héraldique voire du simple bon goût. Arrêter ma collection à l'année 1962 a été une sage décision à tous égards.
    Pour en terminer avec les fabricants de la belle époque, il faut ajouter que DRAGO, AUGIS et ARTHUS-BERTRAND étaient en concurrence avec d'autres sociétés talentueuses dont certaines ont perduré jusque dans les années 60. Citons, parmi les plus représentatives : CHOBILLON, MOURGEON, DELANDE, AUBERT, FRAISSE-DEMEY, CHERON-ROYER, GRAZZIANI, MARDINI, Arts et insignes, OFSI et COURTOIS.

    L'IDENTIFICATION DES INSIGNES

    L'identification des insignes repose sur plusieurs éléments : la fabrication, le symbolisme, les inscriptions. S'agissant de la fabrication, nous éviterons les querelles sémantiques visant à distinguer les fabricants, les éditeurs, les façonniers et les sous-traitants. Nous nous limiterons à décrire l'insigne sous ses aspects les plus facilement perceptibles par les néophytes.  
    Pour identifier un insigne, il faut observer non seulement son avers (recto), mais également son revers (verso) qui porte de précieuses indications pour le collectionneur.
    L'avers est censé représenter à travers un ou plusieurs symboles la singularité de l'unité qui porte cet insigne. Il est la plupart du temps émaillé ou peint, mais il n'est pas rare de trouver des insignes entièrement dorés ou argentés, voire de la couleur terne du métal dans lequel ils ont été réalisés.
    Les symboles choisis peuvent rappeler un fait d'armes, le lieu où stationne la formation ou dont elle est originaire, le souvenir d'un personnage qui s'est illustré dans ses rangs, un animal auquel elle s'identifie, l'appartenance ethnique de ses membres, un emploi spécifique, etc.

    1. Le drakkar qui figure sur l'insigne de la 13° DBLE rappelle son engagement à Narvick.
    2. La mosquée d'Alger sur l'insigne du 5° Régiment de chasseurs d'Afrique.
    3. L'insigne du 46° RI représente le profil de Téophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne, héros du régiment et portant le titre de "Premier grenadier de la République" donné par Bonaparte.
    4. Les loups de Bois-Leprêtre sur l'insigne du 168° RI.
    5. Le croissant et la main de fatma pour les tirailleurs algériens
    6. L'étoile chérifienne pour les tirailleurs marocains…
    7. Le parachute pour les unités aéroportées, la pelle et la pioche pour les régiments de pionniers, etc.

    Petit traité de symbolique Militaire Acinsi10

    Les choix peuvent varier à l'infini, sous réserve qu'ils caractérisent bien la formation, respectent le bon goût et la neutralité des armées et soient, dans la mesure du possible, pérennes. A ce titre, la représentation de véhicules, de matériels ou d'armements est à proscrire car ce sont là des symboles par définition temporaires.

    En résumé, on pourrait dire que l'insigne tient lieu de blason de famille pour l'unité et qu'il devrait, en conséquence, se transmettre de génération en génération sans modification, sauf évènement exceptionnel. Malheureusement, ces règles sont perdues de vue depuis longtemps et la plus grande anarchie règne dans la conception et la réalisation des insignes modernes.

    Au revers figurent généralement, en totalité ou en partie, les noms, adresse et poinçon du fabricant, accompagnés quelquefois du nom du graveur ou du dessinateur. Cette dernière indication ne figure toutefois que sur les insignes les plus anciens et peut également se trouver sur leur avers.
    Ces renseignements permettent de fixer avec précision la période de fabrication de l'insigne. Ces indications, importantes pour dater les insignes, permettent également de distinguer les originaux des copies qui se sont multipliées ces dernières années. Ces copies, généralement réalisées en Asie du sud-est, sont parfois d'une excellente qualité. Elles utilisent des émaux comparables à ceux d'origine et peuvent tromper non seulement les jeunes collectionneurs, mais aussi de plus expérimentés. Heureusement, quelques détails permettent encore aux spécialistes de les détecter.
    Deux catégories d'insignes méritent un commentaire particulier : les insignes en argent et les fabrications dites "locales" ou "artisanales".  
    Les insignes en argent font l'objet de tirages très limités : environ cinq insignes en argent pour mille insignes normaux. Ce n'est là ni une règle, ni une obligation : c'est un cadeau que fait le fabricant à la formation qui a passé la commande. Le chef de corps en dispose comme il l'entend soit en les offrant à des autorités de passage, soit en les répartissant entre ses officiers. Il est également possible de commander une série d'insignes en argent à l'occasion d'un événement particulier, mais, dans ce cas, la formation les paie au prix fort. Leur rareté autant que leur beauté font des insignes en argent des pièces particulièrement recherchées. Malheureusement, ils sont très fragiles car, à la différence des autres insignes, ils sont réalisés avec des émaux translucides qui supportent mal les chocs. Les insignes en argent présentent plusieurs caractéristiques qui les rendent facilement identifiables : outre leurs émaux translucides et leur poids plus important, ils sont dotés d'un système de fermeture de sécurité appelé "attache de bijoutier".  

    A côté des insignes manufacturés décrits ci-dessus sont apparus sur les théâtres d'opérations extérieures d'autres insignes qualifiés de fabrications "locales" ou "artisanales".  On entend par là des insignes fabriqués sur place par des artisans locaux. Ils étaient réalisés pour faire face à une pénurie d'insignes manufacturés, à des délais de livraison trop longs, à un isolement excessif ou tout simplement à un manque de ressources financières. Une querelle s'est instaurée entre puristes pour savoir quel était le terme le plus approprié pour les désigner. Pour ma part, je retiens le terme de "fabrication locale " pour les insignes réalisés à partir du moulage d'un insigne manufacturé, procédé le plus couramment utilisé en Indochine, et je réserve l'appellation "fabrication artisanale" aux insignes conçus et réalisés sur place et n'ayant pas fait l'objet d'une fabrication industrielle. Certaines fabrications artisanales peuvent comporter des émaux cloisonnés d'une très grande qualité : c'est le cas des insignes français de Chine des années 30.

    Les fabrications locales et artisanales les plus répandues sont celles d'Indochine, du Levant (Syrie et Liban), de Chine, de Ceylan et d'Afrique du Nord. Plus faciles à contrefaire que les insignes manufacturés, elles font l'objet de nombreuses copies, ce qui conduit beaucoup de collectionneurs à les délaisser, à tort, car leur valeur historique est incontestable.

    Petit traité de symbolique Militaire Acinsi11


    Au terme de cette brève présentation, le lecteur aura compris que l'intérêt d'une telle collection ne peut se résumer à sa valeur marchande. A chaque insigne correspond une unité militaire dont on peut connaître les dates d'existence, la localisation, les missions qui lui ont été confiées, les combats auxquels elle a participé et le destin - quelquefois tragique - qui fut le sien.

    Chacun de ces insignes a été porté par un homme, à un endroit donné, dans des circonstances particulières. Quel a été le sort de cet homme ?
    Comment cet insigne est-il venu prendre place dans une collection, des dizaines d'années plus tard et parfois à des milliers de kilomètres de distance du lieu où il fut porté ?  
    Sauf exceptions, il est quasiment impossible de le savoir.  C'est là une partie du charme et de l'attrait de cette collection : elle permet de rêver et de voyager par l'imagination aussi bien dans notre histoire collective que dans celle d'inconnus ayant, un jour, porté l'uniforme français.



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    Petit traité de symbolique Militaire Empty Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, la saga des insignes.

    Message  Patrick Lun 8 Mar - 18:57



    La Grande Guerre a façonné l’armée française dans bien des domaines :


    Doctrine, équipement, organisation des états-majors... Elle a également donné naissance à des symboles et pratiques qui structurent encore aujourd’hui la vie des unités. Ainsi en est-il des insignes métalliques.
    Leur naissance est liée à plusieurs facteurs. L’adoption du bleu horizon entraîne le besoin de se différencier autrement pour les unités à forte identité.

    L’apparition des marques peintes au pochoir sur les véhicules des sections de transports militaires est, en outre, liée à une volonté d’identification visuelle. C’est dans une anarchie des plus totales qu’apparaissent dans les années 1920, les premiers insignes métalliques dans l’armée française, avant que le ministère de la Guerre ne publie en 1937, une décision entérinant leur l'existence, en soumettant leur approbation au commandement.

    Dans ce contexte, en 1935, va débuter pour l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, la saga des insignes distinctifs de promotion. La promotion du Roi Alexandre Ier (1934-1936) reçoit en effet la visite du gouvernement yougoslave. Il s’agit alors de commémorer le triste anniversaire de l’assassinat du souverain, tombé sous les balles de partisans Oustachis à Marseille aux côtés de Louis Barthou, ministre des affaires étrangères.

    Ainsi, lors du Triomphe de la promotion en juillet, un détachement de cadets serbes décide de remettre à chaque Saint-cyrien un insigne souvenir du roi Alexandre I er, symbolisant l’amitié franco-serbe. S’il n’est pas possible de considérer cette broche comme un véritable insigne de promotion, elle est cependant un point de départ évident dont les bazars de la promotion Maréchal Lyautey vont s’inspirer l’année suivante, inaugurant la série des insignes de promotion alors même que le commandement officialisait cette pratique dans les corps de troupe.

    L’usage n’est pas encore définitif. La promotion suivante, du Soldat inconnu, n’aura pas d’insigne, celui de la promotion La Marne et Verdun, est fabriqué alors qu’éclate la Seconde Guerre mondiale. Pour autant, l’insigne verra le jour dans les années 1950, une fois la tourmente passée. La conception des insignes est alors peu codifiée et les élèves, avec bon goût et sobriété, cherchent à y faire figurer de façon visible le parcours de l’officier illustre dont ils portent le nom. Ainsi, le Maréchal Lyautey est-il évoqué sur cet insigne à la fois par la présence d’un bâton de Maréchal, de l’étoile chérifienne du Maroc et d’un croissant portant le vers de Shelley dont Lyautey avait fait sa devise : « la joie de l’âme est dans l’action ». Élèves de l’ESM avec le célèbre casoar et ses fameuses plumes de coq rouges et blanches.

    De nombreux noms de baptême étant également plus conceptuels, les Saint-cyriens rivalisent d’imagination pour en concevoir l’évocation visuelle. La promotion de La plus grande France verra de la sorte un shako surmonté du plumet de casoar « posé » sur le globe terrestre alors que nos trois couleurs flottent sur tous les continents, l’Empire français étant à son apogée. On notera que les clins d’œil humoristiques ne manquent pas : le plumet du casoar prenant la forme d’un visage de diablotin ! La promotion Veille au Drapeau, première instruite à Cherchell en Algérie, use du même procédé, comme le reproduiront soixante ans plus tard les officiers de la promotion de La France combattante. La présence du casoar est une constante des insignes de promotion de la Spéciale, tantôt la coiffe complète, tantôt le plumet seul (à partir de la promotion général Frère 1948-1950).

    Deux promotions font le choix de représenter le shako orné de son plumet sur une silhouette de Saint-cyrien : les promotions Serment de 14 et Rhin et Danube. La genèse de l’insigne de cette dernière est assez révélatrice du caractère potentiellement sensible de cet objet symbolique. En 1947, il s’agissait pour l’école de marquer pieusement le souvenir de la première armée française, libératrice du sol de la Patrie, de la Provence au Rhin après une épopée épique, puis jusqu’au Danube. Pour autant, lorsque l’insigne (déjà réalisé) est présenté au Maréchal de Lattre, il est ouvertement refusé aux motifs que le Saint-cyrien a les pieds dans l’eau « comme le zouave du pont de l’Alma » et que l’écusson de la 1re armée n’est pas le modèle réglementaire. Mécontent, le « roi Jean » prend à sa charge la réalisation du second modèle ! Il devait, lui aussi, donner son nom à une promotion dès son décès.

    Elle porte la devise qu’il avait faite sienne : « Ne pas subir », aujourd’hui conservée par le 152e régiment d’infanterie. L’insigne de promotion, plus normé à partir des années 1950 (présence systématique de l’épée, symbole de l’officier, et du plumet de casoar) s’impose comme une des références fondamentales à laquelle se raccroche une promotion. Cette pratique est commune à plusieurs écoles des armées, d’officiers comme de sous-officiers. Couplée au chant de promotion, qui devient une réalisation pérenne à Saint-Cyr dans les années 1970, elle donne du relief à l’identité d’une promotion.

    Combats mémorables, prestigieuses décorations obtenues, rappels symboliques des armes d’appartenance, tout y commémore le chef honoré ou Evènement commémoré. Il s’agit d’une pratique identitaire essentielle qui crée un véritable Panthéon, matériellement palpable, des traditions de notre armée de Terre.



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