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    Du mystère des sigles militaires

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    Message  Rapace Dim 18 Avr - 11:43




    Du mystère des sigles militaires 125_me16


    Parmi les insignes d'unités parachutistes d'Indochine, il en est un qui resta longtemps réfractaire à l'identification en raison d'un sigle et d'un numéro aussi mystérieux l'un que l'autre : le MEO 2, de fabrication artisanale. Tous les collectionneurs connaissaient cet insigne que personne ne possédait mais dont tout le monde parlait. Une rencontre fortuite, à la Martinique, avec un possesseur de cet insigne me permit de lever le voile voici une vingtaine d'années. Le propriétaire de l'objet n'était rien moins que le chef de cette unité. Il convient, avant d'aller plus loin, de le présenter : Louis de LUCY de FOSSARIEU, né d'une vieille famille aristocratique implantée à la Martinique depuis le XVIIème siècle, commença sa carrière militaire en 1943 en quittant clandestinement la Martinique à bord du bateau du gouverneur des îles "emprunté" pour la circonstance. Ayant rejoint, après bien des péripéties, les Forces françaises libres à Londres, il intègre les "Cadets de la France Libre", équivalent londonien du Saint-Cyr métropolitain, avant d'entamer une carrière de parachutiste au sein du "Special Air Service".
    A l'issue de la guerre, volontaire pour servir en Indochine, il rejoint en mai 1948 la 1ère Demi-brigade coloniale de commandos parachutistes du colonel MASSU, au camp de Meucon. Il se voit alors confier le commandement d'une unité d'un type particulier destinée à combler les pertes du 2° BCCP engagé en Indochine. Cette formation porte le nom inattendu de "Maintenance d'Extrême-Orient du 2° BCCP", soit, en abrégé, "MEO 2". Composée d'une soixantaine de jeunes engagés qui viennent d'être brevetés, la MEO 2 débarque à Saïgon le 9 novembre 1948 et rejoint son bataillon à Laithieu, à une vingtaine de kilomètres de là. La "maintenance" est alors répartie entre les compagnies du bataillon. Le lieutenant de FOSSARIEU ne conserve sous son commandement direct que six des parachutistes issus de la "maintenance".  Il quittera la compagnie le 24 août 1949 pour rejoindre le 2° Commando de la Compagnie indochinoise parachutiste (CIP). C'est le 11 décembre de la même année qu'il reverra une dernière fois les anciens de sa "Maintenance du 2". Il rapporte l'adieu en ces termes :
    "Le 11 décembre 1949, le 2° BCCP embarque pour la France. Je descends à Saïgon pour saluer une dernière fois les copains. Je les vois partir avec un regret décuplé par mon récent et décevant contact avec leurs remplaçants (…) Bref ! J'ai le cafard de voir partir ce bataillon qui pendant un an a été le mien. Je ne suis pas le seul. Tous les gars de ma vieille "Maintenance du 2", auxquels il reste, comme à moi-même, un an de séjour à accomplir, se retrouvent orphelins. Ils sont mutés à la BAPS (Base aéroportée sud) à Gia-Dinh. Tous, ils regretteront leur "2ème Bataillon". Instinctivement, ils vont former une espèce de petit "club" fermé, à l'intérieur de cette base où ils s'ennuient.
    C'est à ce moment là qu'ils vont créer, de leur seule initiative, cet insigne nostalgique "MEO 2" qui reprend à son compte la belle devise de leur 2° BCCP : "A la vie, à la mort". Cette devise, je dois le dire, lui allait comme un gant. Ils vont me l'offrir avec beaucoup de gentillesse et je le recevrai avec une réelle émotion (…) C'est pourquoi, Messieurs de la Maintenance, j'ai placé votre insigne bien en vue dans ma bibliothèque. Il me rappelle mon premier commandement dans les "paras colos" et reste un excellent souvenir. Merci !"


    Le lieutenant, puis capitaine, de FOSSARIEU poursuivra une carrière ininterrompue dans les unités paras colos, notamment au sein du 3° RPC du colonel BIGEARD. Ne se séparant jamais de son appareil photo ni de son carnet de notes, il a rédigé tout au long de son parcours militaire le récit de ses aventures illustré de photos prises sur le vif et d'extraits de cartes pieusement conservées. Ses mémoires seront publiés au début des années 2000.  Son caractère entier, son franc parler autant que sa personnalité atypique lui vaudront quelques démêlés avec ses supérieurs. Comme beaucoup d'autres, il quittera l'armée et les paras en 1961 pour reprendre l'exploitation familiale de plantations de bananes à la Martinique. Il créera notamment le premier syndicat de producteurs de bananes, rassemblant exceptionnellement békés et Antillais dans un même combat contre les trusts agro-alimentaires. Devenu une figure emblématique des Antilles, il est décédé en mars 2011 et repose à Fort-de-France.

    KUPALOV




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