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    IL Y A 77 ANS

    2 participants

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    Message  Hubert DENYS Sam 5 Juin - 18:22

    LES FRANÇAIS ONT LA MEMOIRE COURTE :
    Cette phrase, imputée au maréchal Pétain le 27 juin 1942, établit de façon catégorique que nos compatriotes ne sont que peu intéressés par des évènements qui sont anciens ou qu’ils n’ont pas connu.
    Il en va de même en ce qui concerne le sacrifice des Alliés, en particulier celui des Américains lors du débarquement en Normandie, le mardi 6 juin 1944.
    Pour la majorité des Français, les Américains dominent le monde et s’occupent de ce qui ne les regarde pas, aussi, pendant plus de 70 ans, ces mêmes Français ont oublié qu’ils devaient le fait d’avoir échappé au nazisme, d’avoir recouvré la démocratie et surtout le fait de vivre en liberté, à des milliers de jeunes hommes qui se sont battus pour eux, parfois à leur place, en étant payés un dollar par jour pour perdre leur vie, (Le dollar valait 119 francs français de l'époque) pour un pays qu’ils ne connaissaient même pas, ou à peine, et qui, pour bon nombre d’entre eux, ne savaient même pas où il se situait géographiquement ?
    Combien de Français ont appris, en regardant les reportages de commémorations à la télévision ou le film de Steven Spielberg "Save Private Ryan", l’hécatombe occasionnée par ce fait d’arme historique ?
    Toujours est-il que, à l’heure actuelle, ces GI’s ont pris une place importante dans le cœur des Français. On s’est enfin souvenu que nous avions des amis Outre-Atlantique, que ces amis ne nous avaient jamais fait faux-bond, que ce soit en 14-18 ou pour la seconde guerre mondiale. Ces amis se sont souvenus, eux, aux moments opportuns, que nous avions contribués à les libérer du joug britannique en leur envoyant le Marquis de Lafayette à la tête d’un corps expéditionnaire venu de France après avoir traversé l'Atlantique sur des petits bateaux de la taille de ceux des pêcheurs de morues de Terre-Neuve. L’ingratitude n’est pas de mise chez eux et la reconnaissance qu’ils ont exprimée au peuple français est sans failles. Ils l’ont payé très cher cette reconnaissance que nous avons tant tardé à leur témoigner. Par centaines de milliers d’entre eux.
    Aurions-nous agi de même, nous les Français chauvins, revanchards, contestataires et gueulards si l’inverse de la situation s’était produit ? Je me permets d’en douter. Mais ces propos, bien sûr, n’engagent que moi.
    L'OPERATION "OVERLORD" ET OMAHA BEACH :
    Lorsque l’état-major allié a mis sur pied l’opération " Overlord ", nom de code donné au débarquement, il savait qu’il y aurait des pertes en vies humaines. C’est le tribut à payer pour toute bataille et celle-là, ne ferait pas exception. En règle générale, les statistiques de l’époque admettaient la proportion de quatre blessés pour un tué mais on pressentait que le débarquement serait plus coûteux : Les stratèges américains avaient évalué les pertes humaines à 10 000 cadavres. Après le désastre de Dieppe, Churchill dira à Eisenhower :" Prenons garde à ce que les vagues de  la Manche ne rougissent pas du sang de la jeunesse américaine, canadienne et britannique et que les corps de nos soldats ne s'amoncellent pas sur les plages. Bedell Smith, chef d'état-major d'Eisenhower, estime que l'opération Overlord n'aura que 50% de réussite.
    Le résultat final fut en deçà de toutes les estimations. Sur les secteurs américains de la plage d’Omaha, la tendance a carrément été inversée et même empirée : On a relevé plus de cinq morts pour un blessé. Certaines unités ont été décimées à 98% de leur effectif durant les premières vagues d’assaut.
    Les soldats américains, officiers et hommes de troupes confondus, s’attendaient à de lourdes pertes et le moral n’était pas des meilleurs dans les casernements basés en Angleterre, les jours précédant l’invasion. Dans son livre "Les secrets du jour J", l’auteur, Gilles Perrault, écrit que plus de 90% des hommes choisis pour débarquer en Normandie s’attendaient à être tués sur les plages dans les premières minutes de l’offensive et qu’un officier sur deux n’espérait pas rentrer vivant au pays. Même la 1rst Infantry Division, la fameuse "Big Red One" a demandé son rapatriement.
    Les hommes n'ont d'autant pas le moral qu'ils sentent que le débarquement est proche. En effet, dès le 8 mai, ils ont reçu l'ordre de renvoyer tous leurs effets personnels au pays, ils ne conserveront que leur tenue de combat, c'est le gouvernement qui paiera la note. On leur a déjà supprimé le courrier et ils n'ont plus le droit d'écrire de lettres à leur famille ou à leurs proches, même les valises diplomatiques sont supprimées au grand dam des ambassades. Ils savent aussi, en lisant les journaux, que les hôpitaux anglais renvoient chez eux les malades les moins atteints pour faire de la place et que les blanchisseries reçoivent l'ordre de traiter le linge des hôpitaux en priorité.
    On a dit beaucoup de choses sur OMAHA :
    - Que les premières vagues étaient composées de prisonniers de droits communs condamnés à de lourdes peines voire même, pour certains, à la peine de mort et que ces hommes verraient leur "ardoise" effacée pour ceux qui survivraient. - Que les hommes avaient reçu les derniers sacrements avant d’embarquer, qu’ils avaient reçu des médications ou de l’alcool avant de donner l’assaut.
    Tout ceci est faux.
    Tout homme qui a débarqué en Normandie était sur le même pied d’égalité et était logé à la même enseigne que ses camarades pour la bonne et simple raison que les Américains pensaient que les défenses ennemies seraient annihilées par les tirs d’artillerie de marine et les bombardements aériens précédents toutes opérations de ce genre.
    En ce qui concerne les médications que les hommes ont reçus, il s’agissait de comprimés contre le mal de mer, du genre Dramamine et encore, ils les ont reçus à leur demande. Par ailleurs, le fait que les hommes aient été ballottés pendant des heures durant la traversée de la Manche sur une mer démontée a eu pour résultat que la plupart de ces hommes ont été malades d’un bout à l’autre de cette traversée ce qui aurait fait que les éventuels et improbables médicaments absorbés auraient été inefficaces car aussitôt rejetés avec leurs vomissures.
    Une seule exception a été faite le 6 juin 1944 et seulement ce jour-là. Celle-ci ne concerne pas les troupes des secteurs britanniques ou canadiens :
    Aucun homme de couleur n’a fait partie des vagues d’assaut américaines. Les premiers de ceux-ci ont débarqué avec la 320th Barrage Balloon Battalion à 23h15 à la sortie E3 du Ruquet sur Omaha. La raison invoquée est que l’état-major craignait plus de représailles de nature raciale envers ces hommes de la part des Allemands au cas où ils tomberaient entre les mains de ceux-ci. Cela a été le seul cas d’exception.
    La vérité est que les Américains ne s’attendaient pas à une telle résistance de la part des Allemands. Ils pensaient que les bombardements aériens et maritimes auraient neutralisé les défenses et mis les hommes hors de combat.
    En réalité, l’aviation et la marine ont été confrontées à un fort brouillard matinal (souvent artificiel) qui les a empêchés de localiser correctement les cibles et, par crainte de toucher leurs propres troupes qui avançaient, ont allongé leur tir, bombardant l’intérieur des terres et ratant de ce fait leurs cibles. Les bombardiers B17 ont déclenché leur bombardement avec un retard de 4 secondes. Avec un avion volant à 462km/h, cela fait que les bombes sont tombées à 512m de l'objectif prévu.
    De plus, Eisenhower a ordonné que le bombardement préventif des plages ne dure pas plus de 45 mn. Le résultat a été très lourd de conséquences. Ils ne savaient pas non plus que les défenseurs allemands n'étaient pas seulement les réservistes inexpérimentés au combat qu’ils pensaient rencontrer mais que ceux-ci avaient reçu le renfort inopiné de la redoutable 352e division qui, elle, revenait de Russie et était parfaitement entraînée et aguerrie. Les messages que la Résistance avait envoyés par pigeons voyageurs, pour informer les Alliés de ce fait, n’étaient jamais parvenus à destination, les volatiles ayant été abattus par les gardes allemands qui surveillaient la côte et ce, parce que les Anglais avait lésiné sur l'envoi de poste de radios à la Résistance française.
    Les premiers hommes qui ont pris pied sur la plage ont littéralement été cloués au sol et hachés sur place par la puissance et la densité du feu adverse. Sur la seule plage d'Omaha, la mieux défendue, il y avait 8 casemates fixes pour l'artillerie lourde avec des canons de 88, 105 ou 155 mmm, 35 bunkers abritant des canons légers et des armes automatiques, 18 canons antichars, 4 batteries d'artillerie lourde, 6 mortiers, 35 lance-fusées à tubes quadruples, 85 nids de mitrailleuses dont 37 MG42. Les plages normandes sont prises sous le feu des grosses batteries telles celles d'Ostek à Cherbourg, de Criqueville, de la Pointe du Hoc, du WN 73, de Longues sur mer et de Merville.

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    Les hommes débarquent à Omaha. (NA/USA)

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    Ce cliché montre bien l’inefficacité des bombardements. On remarque que la majorité des impacts des bombes se situent à l’intérieur des terres. Ici à Utah Beach. (NA /USA)

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    Les hommes des premières vagues sont cloués au sol et essayent de s’abriter derrière les obstacles. Remarquez les mines (Tellermine) fixées sur les poteaux. (NA /USA)
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    Cette photo de Robert Capa, prise aux environs de 7 h à Easy Red, montre les hommes cloués au sol par les mitrailleuses allemandes, essayant de s’abriter des tirs. (R. Capa/Magnum)
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    Les hommes essayent de s’abriter du feu ennemi en restant allongés derrière les hérissons tchèques que les GI’s appellent des " Iron Hedgehog " (Hérisson de fer.) (R. Capa/Magnum)
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    Un obus de mortier explose au milieu des GI’s déchiquetant l’un d’eux. On aperçoit le haut d’un corps dans le cercle rouge. La flèche montre un bras (Col. Privée)
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    Les hommes courent pour se mettre à l’abri des tirs et des obus. L’homme au premier plan est bizarrement équipé d'une Mae-West (Life preserver type B.4) et a perdu son arme tandis que le second n’a pas encore enlevé la housse de la sienne. Le sol est déjà jonché de corps. (Col.privée)
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    Autre vue montrant les hommes cloués au sol. L’action se situe vers 8h30, à Easy Red, aux alentours du Ruquet, à Vierville-sur-mer (NA /USA)
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    Les hommes de la 10th Engineer Brigade essayent de s’abriter derrière des chars DWG (Deep Wading Gear) ou derrière un tankdozer (NA /USA)

    Pour se faire une idée du déluge de feu (le mot n’est pas trop fort) que les premières vagues d’assaut ont reçu, nous allons détailler pour exemple le point situé immédiatement sous l’actuel cimetière de Colleville-sur-Mer, qui était un des mieux équipé et un des plus puissants du secteur d’Omaha. Ce point est le WIDERSTAND NEST 62 (Nid de résistance), mieux connu sous le nom de WN 62. Il occupait un terrain d’environ 420 m de largeur sur une profondeur de 360 m mais ses armes couvraient un secteur d'environ 1 km. Son armement léger (ne comprenant pas les canons, les mortiers et les lance-flammes) était composé ainsi :
    2 mitrailleuses sMG 248 d’origine polonaise, de calibre 7,92mm (dont une servie par Franz Gockel) tirant chacune 800 coups/mn.
    3 mitrailleuses MG 42 improprement appelée "Spandaü " par les Alliés, dont une servie par Heinrich Severloh, tirant chacune 1200 coups/mn.
    1 mitrailleuse antiaérienne jumelée, pouvant tirer en tir horizontal direct, tirant 900 coups/mn par affût soit 1800 coups/mn.
    Ce qui fait que, si l’on considère que toutes ces armes ont ouvert le feu ensemble durant les premiers instants de l’offensive, les soldats américains débarquant dans ce secteur, ont reçu : 7000 balles à la minute
    Tout cela sans compter les armements individuels tels que les excellents fusils Mauser Kar 98 K de calibre 7,92mm, les pistolets mitrailleurs MP 40, improprement appelés" Schmeisser", tirant à la cadence de 800 coups/mn, les pistolets automatiques du genre Walter ou Luger, les carabines de précision avec lunette des snippers, tous en dotation dans la Wehrmacht.
    Pour l’anecdote, le Gefreiter Heinrich Severloh, tireur d’élite, a tiré avec sa MG 42 (Maschinen Gewehr) de 6 h jusqu’à 15 h (Heure allemande) sans être repéré. Etant à court de munitions, il dût utiliser des cartouches à balles traçantes pour le tir de nuit, ce qui a permis à la Navy de le repérer et de le blesser. Il a survécu aux combats. Lors d’une interview donnée après la guerre à un journaliste de la revue "Historia ", il a déclaré avoir tiré plus de 12 000 cartouches avec sa MG42, 400 coups avec son fusil Kar 98K et s'être vanté d'être le soldat allemand qui a fait le plus de victimes américaines de la seconde guerre mondiale. Lorsque les premiers GI's sont entrés dans sa position de tir, ils ont constaté avoir des douilles vides à hauteur de leurs chevilles.  Le nombre de cartouches tirées a été estimé en fonction du nombre de caisses de munitions vides et du nombre de lamelles-chargeurs trouvées à l'emplacement d'Heinrich Severloh.

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    La mitrailleuse allemande MG 42 : Cette arme est montée ici sur affût tripode Lafette. Sa cadence de tir infernale de 1200coups/mn lui a valu le surnom de "tronçonneuse de Hitler" (Hitler's chainsaw) par les GI’s. Son canon, qui chauffe rapidement, est très facilement interchangeable en 6 à 10 s. Son efficacité est redoutable : Un tireur expérimenté mettait 6 à 8 balles dans le même homme à 300m de distance." L'arme standard était accompagnée de 3 canons de rechange.
    Lorsqu’on observe les photos aériennes prises par l’aviation alliée le 6 juin, on se rend vite compte de l’hécatombe que le secteur d’Omaha a subie. La R.A.F n’a d’ailleurs publié certaines photos trop évocatrices qu’à l’occasion du 60e anniversaire de la commémoration du débarquement, en 2004, la période de restriction de la censure de 50 ans du secret militaire étant révolue
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    Omaha durant l’assaut. Chaque point noir sur le sable est un soldat américain. (NA /USA)
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    Sur ces deux photos, on voit le nombre important de GI's allongés sur le sable. Le cliché du haut représente le secteur de Fox Green, celui du bas, le secteur de Dog green. Remarquez l'état de la mer et la grosseur de vagues. (NA /USA)
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    Autre vue aérienne d’Omaha prise par la RAF durant l’assaut. Au premier plan à droite, une péniche fait ½ tour et quitte la zone. On voit très bien les étoiles blanches cerclées peintes sur le capot avant des véhicules (des DUKW) qui permettent à l'aviation de mieux identifier les troupes au sol. (NA /USA)
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    La plage de Dog Red, vers 10h45. Au premier plan, des véhicules détruits. On peut se rendre compte, sur ce cliché, de la densité du feu adverse et de l’âpreté des combats. (NA /USA)
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    La "Big Red One " débarque à Easy Red à 7 h. La fumée des explosions est très intense et masque la plage. (NA /US
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    La plage durant l’assaut. Les hommes sont dans l'eau jusqu'à la ceinture. (NA /USA)
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    Omaha durant les combats. Des GI's essayent de s'abriter derrière un DUKW dont un brûle près de la mer. Au large, des péniches approchent du rivage pendant que deux autres, au centre, s'en éloigne.
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    Les obus de 150mm et de 88mm font des ravages parmi les hommes et le matériel. Comme le prouve cette photo, les infirmiers ne sont pas épargnés. Ce cliché date certainement du 7 juin car les premiers ballons anti-aériens (à gauche) n'ont été installés qu'à partir de 23h15, le 6 juin à la sortie E3 (NA /USA)

    En fin d’après-midi du 6 juin, les combats devinrent plus sporadiques, voire nuls dans certains secteurs. Les équipes spécialisées purent intervenir plus facilement, en premier lieu les sapeurs qui commencèrent à déminer et à neutraliser les engins laissés par les Allemands. Ensuite, les équipes médicales se chargèrent de repérer, centraliser, soigner et évacuer les blessés. Pendant ce temps les engins affectés au déblaiement des plages entrèrent en action et commencèrent à rassembler le matériel détruit. Dans la seule journée du 6 juin, 79 chars, 50 péniches, 29 pièces d’artillerie furent détruites. Des bulldozers nivelèrent le sol et créèrent des passages pour faciliter le roulement des véhicules vers l’intérieur des terres. Des hommes posèrent des pistes en grillage pour éviter que les véhicules ne s’ensablent par le fait des passages continuels.
    En même temps, opéraient les hommes des "Attached Graves Registration Platoon" (Sections attachées aux sépultures, à l’enregistrement et à la sauvegarde des effets personnels des morts et à leur inhumation dans les cimetières provisoires). Pour eux, la tâche était immense car il y avait énormément de victimes, mais aussi beaucoup de lambeaux de corps et de membres épars ce qui, ajouté à la chaleur ambiante de juin, favorisait et accélérait la putréfaction des chairs, aussi il fallait faire vite. Les Américains ne relevèrent pas seulement leurs morts mais s’occupèrent aussi des victimes adverses car plus aucune structure allemande n’existait. Devant l’immensité de la tâche, les Américains firent appel aux prisonniers en leur demandant de les aider pour regrouper et transporter les corps des morts et des blessés en des points donnés de la plage. D’autres prisonniers furent affectés à creuser les premières tombes mais là encore, devant l’énormité du nombre de fosses à creuser, on fît rapidement appel aux moyens mécaniques qui creusèrent des tranchées plus rapidement que les hommes. Quelques centaines de corps, en particulier ceux qui furent trouvés tardivement dans des recoins isolés, sous des gravats ou des ruines de bunker, durent attendre jusqu'à 15 jours avant d’être relevés et d’avoir une sépulture décente digne de leur sacrifice.
    Ainsi fut créé le premier cimetière provisoire sur le bord opposé à la mer de la route menant à Vierville-sur-mer.
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    La plage d'Omaha, l'après-midi du 6 juin. La couleur rouge du sable imbibé de sang témoigne de l'âpreté des combats qui ont cessés il y a peu de temps (NA /USA)
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    Un char"Ceaseless " de la Company C du 743rd Tank Battalion détruit et abandonné sur Dog Red. Notez la quantité de matériels détruits prouvant l’efficacité des tirs allemands. Photo prise le 7 juin car les fumées des combats ont disparu et que les ballons de barrage antiaériens sont en place (NA /USA)

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    Les corps sont mêlés avec les débris de matériels. (NA /USA)

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    La plage d’Easy Red à marée haute, au soir du 6 juin sous le WN 62, n’est qu’un amoncellement de cadavres et de matériels détruits et on trouve, pêle-mêle, un casque de tankiste, des jerricans, des caisses de T.N.T, un amas de ceinture de sauvetage et un bidon de plasma (NA /USA)

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    La marée ramène par dizaine des corps sans vie sur la plage. (Col. Privée)

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    Péniches et matériels détruits jonchent la plage. Une cinquantaine de péniches furent détruites lors de l’offensive à Omaha. (NA /USA
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    La mer a rejeté ces corps de GI’s sur les galets de la plage du Ruquet. Quelqu’un a masqué un visage avec un carton. Remarquez que la mer a mis tous les corps à plat ventre. (NA/ USA)

    L'ETAT DES PERTES AMERICAINES A OMAHA BEACH
    Cet état a été réalisé à partir des données établies par J. Balkowski des Archives Américaines.
    La plage d'Omaha Beach est celle qui a connu le plus lourd bilan du 06 juin 1944 avec un total de 30% de toutes les pertes enregistrées ce jour-là. Malgré l'énormité des chiffres énoncés, ce bilan doit malgré tout être relativisé car, à la surprise de l'Etat-major Allié, les pertes ne représentent que 7% des effectifs engagés dans la bataille le 6 juin, ce qui est considéré comme "acceptable" pour une opération de l'envergure du débarquement. Les armées modernes tolèrent jusqu'à 9% de pertes, en particulier pour les troupes d'élites, lors des combats. Il est néanmoins à observer que plus de la moitié des pertes enregistrées le 6 juin concernent les 2 divisions d'infanterie alors que l'autre moitié est imputée à l'ensemble des autres unités engagées.
     
    1st INFANTRY DIVISION US: (Big Red One)
    Cette unité a subi le plus lourd tribut lors des deux premières vagues d'assaut. C'est le 16th Regimental Combat Team   qui a eu les plus grosses pertes avec près de 98% de son effectif décimé lors de la première vague.

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    29th INFANTRY DIVISION
    Les pertes subies par cette division sont du même ordre que pour la Big Red One. Le plus lourd tribut a été supporté par le 116th Regimental Combat Team avec 80% de son effectif décimé le 6 juin 1944

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    1st US ARMY et 5th US CORPS
    Ces troupes du Génie chargées de déminer et de dégager les plages de leurs obstacles étaient très vulnérables car elles ne pouvaient ni se défendre ni s'abriter et étaient constamment exposées aux tirs ennemis. A elles seules, elles représentent 60% des pertes subies de leurs unités.

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    US NAVY:

    Les pertes subies par ces unités représentent 11% de l'effectif total engagé

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    US AIR FORCE :
    En regard des milliers de missions effectuées le 06 juin, les pertes sont très minimes mais les chiffres donnés ne tiennent pas compte des pertes relatives aux unités de transport des parachutistes car celles-ci restent encore indisponibles par la censure.

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    TOTAL DES PERTES AMERICAINES DU 06 JUIN A OMAHA :

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    La tâche des équipes chargées des sépultures est immense : des milliers de corps, tant Allemands qu'Américains, sont relevés. (NA /USA)

    NE VENEZ PAS PLEURER SUR MA TOMBE



    D’nt stand at my graves and weep Ne venez pas pleurer sur ma tombe
    I’m not here…I d’nt sleep                Je ne suis pas là. Je ne dors pas
    I’m a thousand winds that blow;         Je suis les milles vents qui soufflent
    I’m the diamonds glints on snow        Je suis les diamants qui scintillent sur la neige
    I’m the sunlights on ripened grain Je suis les rayons de l’épi mûr ;
    I’m a gentle autumn’s rain               Je suis la gentille pluie d’automne
    When you awaken in morning hush Quand vous vous éveillez dans le soleil matinal
    I’m the swift up lifting rush               Je suis l’envol vif-argent
    Of quite birds in circled flight       D’oiseaux sereins qui tourbillonnent
    I’m the soft star that shine at night Je suis la douce étoile qui scintille dans la nuit
    D’nt stand at my graves and cry       Ne venez pas pleurer sur ma tombe
    I’m not here; I did not die               Je ne suis pas là ; Je ne suis pas mort


    Ce poème, d’un auteur inconnu, est gravé sur la tombe du Private Thomas Merlin au Texas.
    Celui-ci avait débarqué le 6 juin 1944 avec la compagnie C du 35th Régiment, 90th Division à Omaha Beach. Il y était revenu pour la 1e fois en 1987 et il avait promis de revenir avec sa famille en 1989.
    Une crise cardiaque l’a terrassé quelques mois avant de pouvoir tenir celle-ci


                                                                                           Hubert DENYS©


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    Hubert DENYS

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    IL Y A 77 ANS Empty re : il y a 77 ans

    Message  otosan Sam 5 Juin - 20:44

    merci Hubert Denis pour ce rappel
    honneur et respect à tous ses jeunes hommes mort pour notre liberté
    otosan
    otosan

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